Repère pour DRH et dirigeants
Gérer une absence longue : échéances et continuité
Mis à jour le · Sources vérifiées le 1er octobre 2026
Une absence longue suit deux calendriers : celui du salarié (rendez-vous de liaison, pré-reprise, reprise) et celui de l’activité (tâches à tenir, compétences à remplacer). La paie a ses propres échéances. L’aptitude à reprendre un poste relève du seul médecin du travail, jamais du manager ni de la RH.
Les échéances à poser sur un calendrier
Une absence longue déclenche des rendez-vous et des droits qui s’enchaînent. Dès la réception de l’arrêt initial, reportez-les dans un calendrier :
- dès 30 jours d’arrêt : rendez-vous de liaison possible, pré-reprise possible pour un arrêt de plus de 30 jours ;
- 60 jours d’arrêt pour maladie non professionnelle, 30 jours pour un accident du travail : seuils de la visite de reprise obligatoire ;
- à la reprise : visite de reprise demandée par l’employeur, dans les 8 jours calendaires ;
- au-delà de 6 mois d’arrêt maladie : nouvelle attestation de salaire ;
- selon l’ancienneté : date de passage aux deux tiers de la rémunération, puis date de fin du maintien de salaire.
Le rendez-vous de liaison
Il peut avoir lieu dès 30 jours d’arrêt, entre le salarié et l’employeur, avec le service de prévention et de santé au travail (SPST). Il informe le salarié des actions de prévention de la désinsertion professionnelle, de l’examen de pré-reprise et des mesures d’aménagement possibles.
L’employeur ou le salarié peut en prendre l’initiative, et l’employeur informe le salarié qu’il peut le solliciter : un courrier d’information date et trace cette proposition. Aucune conséquence ne peut être tirée du refus du salarié.
Pré-reprise et visite de reprise
La pré-reprise est possible pour un arrêt de plus de 30 jours. Elle est demandée par le salarié, le médecin traitant, le médecin-conseil ou le médecin du travail, qui informe l’employeur de son organisation sauf opposition du salarié. Elle peut déboucher sur des recommandations : aménagement du poste, reclassement, formations.
La visite de reprise est demandée par l’employeur au médecin du travail du SPST, dans les 8 jours calendaires suivant la reprise. Elle est obligatoire après :
- un accident ou une maladie non professionnels d’au moins 60 jours ;
- un accident du travail d’au moins 30 jours ;
- une maladie professionnelle, quelle que soit sa durée ;
- un congé de maternité.
Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, elle n’a pas lieu si deux conditions sont réunies : le salarié a passé une pré-reprise dans les 30 jours précédant la reprise effective, et le médecin du travail y a conclu qu’aucune mesure individuelle d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste, ni aucun aménagement du temps de travail, n’était nécessaire. La dispense tombe si le salarié, l’employeur ou le médecin du travail demande la visite. L’échange managérial de retour, traité dans l’entretien de retour, ne remplace aucune de ces étapes.
Maintien de salaire et fin de droits
Le complément employeur suppose un an d’ancienneté, appréciée au premier jour de l’absence, et un certificat transmis sous 48 heures. La carence est de 7 jours par arrêt, sauf accident du travail ou maladie professionnelle (versement dès le premier jour). Le montant est de 90 % de la rémunération brute, puis de deux tiers, après déduction des indemnités journalières et de la prévoyance financée par l’employeur. Durées maximales selon l’ancienneté :
- de 1 à 5 ans : 60 jours (30 jours à 90 %, puis 30 jours à deux tiers) ;
- de 6 à 10 ans : 80 jours (40 + 40) ;
- de 11 à 15 ans : 100 jours (50 + 50) ;
- de 16 à 20 ans : 120 jours (60 + 60) ;
- de 21 à 25 ans : 140 jours (70 + 70) ;
- de 26 à 30 ans : 160 jours (80 + 80) ;
- 31 ans et plus : 180 jours (90 + 90).
Les jours déjà indemnisés dans les 12 mois précédents se déduisent de ces durées. La convention collective peut prévoir plus favorable : à consulter avant de fixer une date de fin de droits. Côté Sécurité sociale, les indemnités journalières durent 12 mois au maximum par période de 3 ans (cas général).
Attestation de salaire et DSN
L’employeur transmet l’attestation de salaire dans les 5 jours suivant la réception de l’avis d’arrêt, pour tout arrêt initial. Une prolongation dans la continuité, sans interruption, n’appelle pas de nouvelle attestation tant que la durée totale ne dépasse pas 6 mois : la date de fin prévisionnelle se met à jour dans le logiciel de paie.
Au-delà de 6 mois en maladie, une nouvelle attestation est transmise automatiquement par le signalement DSN, sauf pour un accident du travail ou une maladie professionnelle déjà reconnus.
Tenir le travail pendant l’absence
Dès le premier mois, dressez pour le poste vacant un inventaire en trois colonnes : les tâches indispensables (elles ne peuvent pas attendre), les tâches différables (avec leur date limite) et les compétences rares (qui les détient en dehors de la personne absente ?).
Chaque tâche indispensable reçoit une solution : renfort temporaire, redistribution, formation accélérée d’un collègue. Une revue se place à chaque jalon du calendrier ci-dessus, car une solution bâtie pour deux semaines s’use à deux mois. Relevez aussi ce que portent les présents : heures supplémentaires, tâches abandonnées, délais rallongés.
Lire les absences longues dans un audit
Dans un petit site, une seule absence longue peut représenter l’essentiel des heures perdues. Le taux se présente avec et sans ces absences, avec le nombre de personnes concernées et sans les désigner (voir le calcul du taux).
Un rapport utile décrit le processus : délai entre le début de l’arrêt et la première revue de continuité, existence du calendrier d’échéances, préparation du retour. Les trajectoires individuelles n’y figurent pas.
Questions fréquentes
Le rendez-vous de liaison est-il obligatoire ?
Non, pas pour le salarié. Il est possible dès 30 jours d’arrêt, à l’initiative de l’employeur ou du salarié, et aucune conséquence ne peut être tirée du refus du salarié. L’employeur doit en revanche l’informer qu’il peut le solliciter.
Une visite de reprise est-elle toujours nécessaire ?
Non. Elle est obligatoire après 60 jours d’arrêt non professionnel, 30 jours d’accident du travail, toute maladie professionnelle et le congé de maternité. Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, une pré-reprise concluante peut en dispenser, sauf demande du salarié, de l’employeur ou du médecin du travail.
Jusqu’à quand le salaire est-il maintenu ?
Cela dépend de l’ancienneté : de 60 jours pour 1 à 5 ans à 180 jours à partir de 31 ans, déduction faite des jours déjà indemnisés dans les 12 mois précédents et sous réserve d’une convention collective plus favorable. Les 7 premiers jours ne sont pas indemnisés, sauf accident du travail ou maladie professionnelle.